Le groupe Partouche a lui opté pour une solution externalisée. Il a souscrit, comme d´autres casinotiers, aux services d´adictel. Cet organisme de conseil et d´orientation auprès des joueurs compulsifs est doté d´un numéro vert à leur intention et forme également les membres du casino à recevoir ces clients en danger. Des kits conseils sur l´évaluation de la dépendance aux jeux, mentionnant notamment l´orientation possible vers un professionnel de la santé mentale, sont alors distribués au ludopathe après un rendez-vous fixe via le numéro vert. Dans le casino même où le joueur flambe ses économies.
Coût du forfait mensuel : 700 euros pour un établissement de plus de deux cinquante machines. Une misère pour les casinotiers. Patron d´Adictel, Eric Bouhanna, ancien instituteur, sillonne les contrées françaises depuis un an pour grossir sa clientèle. « Nous ne prétendons pas analyser les causes profondes d´une dépendance aux jeux, nous ne cherchons qu´à arrêter l´hémorragie financière par des interdictions uniques de casino [ANPR : A ne plus recevoir], à la demande du joueur, ou par des limitations de dépenses.
Et ça, nous sommes les seuls à savoir le faire. » Aujourd´hui, il s´escrime à convaincre la famille Tranchant de s´abonner. « Les casinos ne peuvent pas porter à eux seuls la misère du monde, s´agace Georges Tranchant, président du groupe. Personne ne s´offusque des mineurs qui s´adonnent aux jeux de grattage, il n´existe aucune prévention à la Française des jeux, ni au PMU. Je rappelle qu´un jeu comme le Rapido peut vous ruiner en une journée. » Les casinotiers clament haut et fort ne pas vouloir la banqueroute de leurs clients et le répètent : « Un client ruiné, c´est un client de perdu ».
Extrait de l'article écrit par Caroline Derrien et Candice Nedelec.
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